Edelman s’associe au CEVIPOF (Centre de recherche politique de Sciences Po) et à l’Institut Pierre Mendès France pour lancer la 1ère édition du Baromètre de la confiance politique.
La confiance est un des ressorts fondamentaux du bon fonctionnement de la démocratie représentative, aujourd’hui remis en cause par l’installation progressive d’une « société de défiance ». La dégradation de la confiance, la mesure de celle-ci ainsi que ses éventuelles bases de recomposition sont des questions essentielles, sur lesquelles l’équipe du CEVIPOF, avec Edelman et l’Institut Pierre Mendès France, se sont penchées, avec l’ambition d’établir un instrument régulier de mesure de la confiance politique en France.
Pour Isabelle Rahé, Président Directeur Général d’Edelman à Paris, « la confiance est la composante primordiale de la relation qu’Edelman construit entre ses clients (entreprises, associations professionnelles, ONG) et leurs différents publics : consommateurs, décideurs publics, médias et influenceurs ».
Le 1er baromètre de la confiance politique, complémentaire du Trust Barometer d’Edelman
Ce baromètre prend la mesure des différentes dimensions de la confiance politique en France (personnelle, vis-à vis des institutions, des moyens d’expression publique) et la met en relation avec la confiance interpersonnelle, la confiance économique et la confiance dans l’avenir. Cet outil d’analyse permettra de suivre au plus près, dans les mois et les années à venir, les évolutions de cet élément, au cœur du lien électoral et civique.
Les résultats de la première vague de ce baromètre, menée en décembre 2009, ont été présentés le lundi 11 janvier 2010. Ce sondage a été réalisé du 9 au 19 décembre, selon la méthode des quotas, auprès d'un échantillon national de 1.500 personnes représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, et inscrites sur les listes électorales, interrogées par téléphone fixe et mobile.
Le baromètre du CEVIPOF est complémentaire de l’étude qu’Edelman mène depuis maintenant plus de 10 ans sur la confiance, au niveau international, avec le Trust Barometer, Cette étude internationale conduite auprès de près de 5000 leaders d’opinion dans 22 pays, permet notamment de faire le point sur la cote de confiance des politiques, des ONG, des entreprises et des médias ; les facteurs de la défiance et les leviers pour reconstruire la confiance.
L’édition 2010 du Baromètre Trust sera présentée le 28 janvier prochain, lors d’un débat organisé à Sciences Po.
Une très forte défiance politique, qui épargne les représentants locaux
Le baromètre de la confiance politique indique que deux tiers des Français (67%) n'ont confiance ni en la droite ni en la gauche pour gouverner le pays. Ce résultat est très élevé par rapport à l’année 2007 – qui avait vu un retour notable de la confiance dans le politique – et revient à des niveaux comparables aux années antérieures à la présidentielle. En ce sens, la crise économique actuelle n’aurait pas accru le niveau de défiance déjà élevé vis-à-vis de nos représentants.
De manière générale, plus des trois quarts des Français (78%) considèrent que "les responsables politiques, en général, se préoccupent peu ou pas du tout de ce que pensent les gens".
Toutes les institutions représentatives ne sont cependant pas touchées au même titre. Les instances de représentation locales (conseil municipal, général, régional) échappent à la défiance générale, d’autant plus lorsqu’elles sont personnalisées - « mon maire », voire « mon député », suscitent d’avantage de confiance que l’institution à laquelle ils ou elles appartiennent.
A noter des résultats qui peuvent étonner, notamment le fait que le premier ministre François Fillon est nettement plus populaire que son gouvernement, et que ceux qui l’ont précédé. De même, les niveaux d’impopularité actuels du président de la République ne sont pas supérieurs à ceux qu’ont connus ses prédécesseurs.
Pour Pascal Perrineau, les français « expriment globalement une confiance dans les mécanismes de la démocratie, mais pas dans ceux qui l'exercent ».
Une perception dégradée du monde de l’entreprise et du système capitaliste, à l’exception du secteur public
Si le constat d’une dégradation de la situation économique depuis un an est largement partagé (80%), le « pronostic des français sur l’avenir est cependant moins sévère que leur diagnostic », selon Pascal Perrineau.
Le baromètre de confiance politique révèle des niveaux très élevés de défiance vis-à-vis de la mondialisation, et du monde de l’entreprise privée – au premier rang desquelles le secteur banque-finance est au plus bas, beaucoup plus forts en France que chez nos voisins européens. Les organisations qui tirent leur épingle du jeu et auxquels les français accordent davantage leur confiance ont toutes un rapport à l’Etat, dans sa fonction régalienne (police, armée) et protectrice (hôpitaux, écoles, université et recherche…).
La défiance envers les entreprises privées est forte et traduit une demande de réforme du système capitaliste. Celle-ci est cependant plus ponctuelle - 51% des français estiment que le système devrait être changé ‘sur quelques points’ – que radicale – 40% souhaitent un changement en profondeur.
Et pourtant les français sont heureux !
Les résultats du baromètre dévoilent un paysage totalement différent dès lors que l’on interroge les français sur leur sphère privée, leur confiance en eux-mêmes, envers leur avenir et leur rapport aux autres.
Ils sont loin d’être pessimistes et se déclarent « heureux » à… 91% ! Soit des niveaux supérieurs aux moyennes européennes. Le baromètre souligne également un degré important de confiance des Français en eux-mêmes et dans leur capacité à changer la société. A la question "pour la défense de vos intérêts, en qui avez-vous le plus confiance ?", 70% répondent en premier: eux-mêmes. De même, 78% des personnes interrogées sont d'accord avec l'affirmation : "les gens peuvent changer la société par leurs choix et leurs actions".
Ces résultats révèlent que la situation « n’est pas désespérée » : si la demande de changement est forte, il existe des ressorts pour restaurer – dans les sphères économiques et politiques - une confiance qui n’a pas disparu, pour recréer le lien entre les français et leurs représentants ainsi que le monde économique.
Résultats complets:
http://www.cevipof.msh-paris.fr/dossiersCev/BarConf/divers/CEVIPOF_Baro_principal.pdf